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segunda-feira, 11 de junho de 2012

Proprio Per Questo Le Capisco!

«Classico dell'elenismo» [definição de Wilamowitz das epístolas de Paulo] è, tuttavia, una definizione particolarmente infelice. Un aneddoto riferito da Taubes è, a questo proposito, illuminante. Un giorno durante la guerra, a Zurigo, egli passeggiava con Emil Staiger, l'illustre germanista che era anche un ottimo grecista (lo stesso che ha avuto un interessante scambio epistolare con Heidegger a proposito dell'interpretazione di un verso di Mörike). «Camminavamo insieme lungo la Rämistrasse, dall'Università al lago, fino al Belvedere, dove egli avrebbe svoltato, mentre io avrei proseguito verso il quartiere ebraico nella Enge; mi disse: "Sa, Taubes, ieri ho letto le lettere dell'apostolo Paolo". Poi aggiunse con profondo rammarico: "Ma non è greco, è jiddish!". Al che io dissi: "Certo, professore, proprio per questo le capisco!". Paolo appartiene a una comunità ebraica della diaspora che pensa e parla in greco (in giudeo-greco) esattamente como i sefarditi parleranno in ladino (o giudeo-spagnolo) e gli aschenaziti in jiddish.

Giorgio Agamben, Il Tempo Che Resta. Un Commento alla Lettera ai Romani. 
Bollati Boringhieri, Turim: 2000, pg. 11-12.

domingo, 10 de junho de 2012

Etimologias Teológico-Políticas

Agamben como Filipe em O Evangelho Segundo São Mateus (1964), de P. P. Pasolini
com um agradecimento ao Miguel por me ter chamado a atenção para o facto 
Il principio della legge è dunque la divisione. E la partizione fondamentale delal legge ebraica è quella tra Ebrei e non-Ebrei — nelle parole di Paolo: Ioudaíoi e ethnê. Nella Biblia, infatti, il concetto «popolo» è sempre già diviso: am e goj (pl. gojim). Am è Israele, il popolo eletto, col quale Jahvé ha concluso una berit, un patto; gojim sono gli altri popoli. La Settanta traduce am con laos e gojim con ethnê. (Comincia qui un capitolo fondamentale nella storia semantica del termine «popolo», che sarebbe pertinente seguire sino all'uso odierno dell'aggettivo «etnico» nel sintagma «conflitti etnici»; altrettanto interessante sarebbe indagare le ragioni che hanno indotto la Settanta  a non ricorrere all'altro termine greco per popolo, così prestigioso nella nostra tradizione filosofico-politica: dêmos. In ogni caso, si vede qui con chiarezza come il termine «popolo» sia sempre già diviso, traversato da una faglia teologico-politica originaria).

Giorgio Agamben, Il Tempo Che Resta. Un Commento alla Lettera ai Romani.
Bollati Boringhieri, Turim: 2000, pg. 50

sábado, 12 de maio de 2012

A ideia da Linguagem


Un discours qui dirait le langage même et en exposerait les limites sans être un métalangage ni plonger dans l'indicible est-il possible?

Une tradition de pensée antique énonce cette possibilité comme une théorie des idées.
Contrairement à l'interprétation qui voudrait y voir le fondement indicible d'un métalangage, la théorie des idées se fonde sur une acception sans réserve de l'anonymat du langage comme de l'homonymie qui en gouverne le champ (c'est en ce sens qu'il faut comprendre l'insistance de Platon sur l'homonymie entre les idées et les choses et le refus de Socrate de toute misologie). Mais c'est justement cette finitude et cette équivocité du langage humain qui ouvrent la voie au “voyage dialectique” de la pensée. Si toute parole humaine présupposait toujours déjà une autre parole, si le pouvoir présupposant du langage ne prenait jamais fin, alors vraiment il ne saurait jamais y avoir d'expérience des limites du langage. Par ailleurs, un langage parfait, d'où toute homonymie aurait disparu et au sein duquel tous les signes seraient univoques, serait un langage absolument privé d'idées.

L'idée est entièrement comprise entre l'anonymat et l'homonymie du langage. Ni l'un est et a un nom, ni l'un n'est pas et n'a pas de nom. L'idée n'est pas un mot (un métalangage) et elle n'est pas non plus la vision d'un objet à l'extérieur du langage (un tel objet, un tel indicible n'existent pas), mais vision du langage même. Parce que le langage, qui offre à l'homme la médiation pour toute chose et toute connaissance, est lui-même immédiat. Rien d'immédiat ne peut être atteint par l'homme parlant – si ce n'est le langage lui-même, si ce n'est la médiation elle-même. Une telle médiation immédiate constitue pour l'homme la seule possibilité de rejoindre un principe libéré de tout presupposé jusqu'à sa propre présupposition; c'est à dire, la possibilité de rejoindre cette ἀρχή ἀνυπόθετος que Platon, dans la République, présente comme τέλος, comme l'achèvement et la fin de l'αὐτὸς ὁ λόγος, du langage même, et, dans le même temps, comme la “chose même” et affaire de l'homme. 
 
Aucune communauté humaine véritable ne peut surgir sur la base d'un présupposé – qu'il s'agisse de la nation, de la langue, ou même de l'a priori de la communication qu'évoque l'herméneutique. Ce qui unit les hommes entre eux n'est pas une nature ni une voix divine, ni l'emprisonnement commun dans la langage signifiant, mais la vision du langage lui-même, et par voie de conséquence, l'expérience de ses limites, de sa fin. La seule véritable communauté est une communauté non présupposé. C'est pourquoi l'exposition philosophique pure ne peut être exposition de ses idées sur le langage, ou sur le monde, mais exposition de l'idée du langage.

Giorgio Agamben, La potenza del pensiero. Saggi e conferenze, trad. francesa de Joël Gayraud e Martin Rueff, Paris, Payot & Rivages, 2006 .